Entreprises et biodiversité : des concepts clés
Un nouveau rapport de l’IPBES, publié le 9 février dernier, rappelle que toutes les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur, dépendent directement ou indirectement de la biodiversité et contribuent à son érosion, créant des risques systémiques pour l’économie, la stabilité financière et le bien être humain.Ce rapport montre qu’il est désormais indispensable de transformer en profondeur les règles du jeu économique (e.g. subventions, normes, finance, données, valeurs sociales) afin d’aligner ce qui est rentable pour les entreprises avec ce qui est bénéfique pour la nature et la société.
Pour y parvenir, l’évaluation propose des méthodes opérationnelles pour mesurer impacts et dépendances à la biodiversité à tous les niveaux de décision (e.g. sites, chaînes de valeur, stratégie d’entreprise, portefeuilles financiers) et appelle à une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, du secteur financier, des entreprises et de la société civile. Elle insiste enfin sur la responsabilité de chaque entreprise d’agir dès maintenant, en s’appuyant sur les connaissances existantes, et sur la nécessité de mieux intégrer les savoirs scientifiques et les connaissances autochtones et locales.
Points principaux
- Toutes les entreprises dépendent de la biodiversité (e.g. matières premières, régulation de l’eau, climat, sols, valeurs culturelles) et en subissent les risques et conséquences y compris de façon indirecte via leurs chaînes d’approvisionnement.
- Les activités économiques restent aujourd’hui un moteur majeur des 5 grands facteurs de perte de biodiversité : changement d’usage des terres et des mers, surexploitation, changement climatique, pollution, espèces exotiques envahissantes.
- Les conditions actuelles de marché et de politiques publiques entretiennent le « business as usual » : des milliers de milliards de dollars continuent de financer des activités nuisibles à la nature, tandis que les flux positifs pour la biodiversité restent très minoritaires.
Des méthodes existent déjà pour mesurer les impacts et dépendances des entreprises (e.g. approches locales, analyses spatiales, ACV, modèles macro économiques) et choisir des indicateurs adaptés à chaque niveau de décision (e.g. site, chaîne de valeur, entreprise, portefeuille).
Le rapport souligne l’importance d’associer les citoyens et les communautés locales, à travers le respect de leurs droits, le consentement libre, préalable et éclairé et la reconnaissance de leurs savoirs comme leviers pour des modèles économiques plus durables.
Télécharger le rapport en cliquant ici : ipbes.canto.de/v/IPBES12Media/album/QH93L